En cette période de l’année, vous êtes probablement nombreux à planifier vos futures vacances de printemps ou vos congés d’été. Toutefois, l’éclatement récent du conflit au Moyen-Orient rend la préparation et le maintien de ces voyages particulièrement incertains. Depuis le 28 février dernier, date des offensives lancées par les États-Unis et Israël sur l’Iran, et des répliques touchant les Émirats arabes unis, le Qatar ou encore le Liban, la situation est extrêmement volatile.
Face à ces événements d’une grande gravité, de nombreux espaces aériens ont été fermés. Des compagnies européennes comme Air France, Lufthansa ou British Airways ont logiquement suspendu leurs liaisons vers plusieurs pays de cette zone. De plus, les aéroports de la région servant de points de correspondance (hubs) majeurs, les vols en direction de l’Asie subissent de plein fouet ces perturbations. Avec plusieurs milliers de vols déjà annulés, nous sommes là pour vous aider à faire le point sur vos droits et à réagir de manière adéquate si vous vous retrouvez bloqué.
1. Quelle réglementation s’applique à votre vol ?
La protection des passagers est régie par le règlement européen CE n° 261/2004. Son application varie strictement selon la nationalité de la compagnie aérienne et votre aéroport de départ :
- Les compagnies européennes (Air France, Lufthansa, British Airways, etc.) : Vous êtes protégé que votre vol décolle d’un aéroport de l’Union européenne ou qu’il y atterrisse.
- Exemple : Si votre vol Air France au départ ou à destination de l’Asie est annulé, le règlement européen s’applique intégralement.
- Les compagnies non européennes (Emirates, Etihad Airways, Qatar Airways, etc.) : Le règlement ne vous protège que si le vol décolle d’un aéroport situé dans l’Union européenne.
- Exemple : Si vous prenez un vol Qatar Airways au départ de Paris vers le Qatar, vous êtes couvert par la législation européenne. En revanche, si vous êtes bloqué au Qatar pour votre vol retour vers la France avec cette même compagnie, le règlement européen ne s’applique pas. Dans ce dernier cas, ce sont les conditions générales de vente (CGV) de la compagnie et le droit local qui dictent les règles.
2. Annulation : n’agissez pas dans la précipitation
La règle d’or dans cette situation de guerre est d’attendre. Il ne faut surtout pas annuler vous-même votre billet d’avion. Si vous prenez l’initiative d’annuler votre voyage, vous serez soumis aux conditions tarifaires classiques de votre billet, ce qui signifie que vous pourriez perdre votre argent. Vous devez impérativement attendre que la compagnie aérienne déclare officiellement que le vol ne décollera pas.
Une fois l’annulation actée par le transporteur, la loi européenne maintient vos droits fondamentaux. La compagnie se doit de vous proposer :
- Le remboursement intégral de votre billet d’avion (prévu dans un délai de 7 jours).
- Ou, à défaut, un réacheminement vers votre destination par d’autres moyens.
3. Circonstances exceptionnelles : adieu l’indemnisation, maintien de l’assistance
En temps normal, le règlement européen prévoit une indemnisation forfaitaire allant de 250 € à 600 € pour les passagers subissant une annulation. Cependant, les conflits armés, les troubles politiques et la fermeture d’espaces aériens constituent ce que la loi appelle des « circonstances exceptionnelles ». Par conséquent, cette compensation financière supplémentaire n’est pas due par les compagnies aériennes.
Néanmoins, l’absence de cette indemnité ne vous laisse pas livré à vous-même. Si vous êtes bloqué lors d’une correspondance au Moyen-Orient en attendant un vol vers l’Asie, ou si vous subissez le report de votre vol retour, la compagnie aérienne conserve une stricte obligation d’assistance. Elle doit prendre en charge :
- Vos frais d’hébergement (les nuits d’hôtel supplémentaires).
- Vos frais de restauration (repas) le temps que la situation se débloque.




