C’est une anomalie française qui prend fin. Alors que cela semble relever du bon sens, la France ne disposait pas, jusqu’à présent, d’une vision globale et précise des cas de cancers sur l’ensemble du territoire. L’annonce récente de la création d’un registre national des cancers vient combler cette lacune majeure.
Pour les consommateurs et les patients que nous sommes, cette nouvelle est bien plus qu’une simple mesure administrative : c’est une avancée cruciale pour notre santé publique. Voici ce qui va changer.
1. La fin du « pilotage à l’aveugle »
Saviez-vous que jusqu’ici, la surveillance du cancer en France ne reposait que sur des registres locaux couvrant à peine 20 à 25 % de la population ? Pour estimer le nombre de malades au niveau national, les autorités de santé devaient procéder par extrapolations statistiques. Avec ce registre national, chaque nouveau cas diagnostiqué sera désormais recensé. Pour la première fois, nous aurons une photographie réelle, exhaustive et précise de l’épidémie en France.
2. Mieux comprendre les causes environnementales
C’est sans doute le point le plus important pour les consommateurs inquiets des pollutions (pesticides, rejets industriels, qualité de l’air). Grâce à ce registre, il sera enfin possible de repérer précisément les « clusters » (regroupements anormaux de cas) dans des zones géographiques
spécifiques. Si une incidence anormalement élevée de cancers est détectée autour d’une usine ou dans une zone agricole intensive, les autorités ne pourront plus se cacher derrière le manque de données pour ne pas agir. C’est un outil puissant pour la vérité sanitaire.
3. Réduire les inégalités de soins
Ce fichier centralisé permettra également de mettre en lumière les disparités de traitement. Si le registre montre que, pour un même cancer, on survit mieux dans une région que dans une autre, ou que le dépistage est moins performant dans certains départements, les pouvoirs publics devront corriger le tir. Pour les patients, c’est la promesse d’une meilleure égalité des chances face à la maladie, quel que soit leur lieu de résidence.
4. Adapter le dépistage
Enfin, des données fiables permettront d’affiner les stratégies de prévention. Faut-il commencer le dépistage du cancer du sein plus tôt ? Faut-il élargir celui du poumon ? Ce registre fournira les preuves scientifiques nécessaires pour faire évoluer les recommandations et mieux protéger les
seniors.
En résumé : Il aura fallu du temps, mais la France se dote enfin d’un outil efficace pour non seulement mieux soigner, mais surtout mieux comprendre et prévenir cette maladie qui nous concerne tous.




